Rôle de la douleur

La douleur est le premier motif de consultation et reste un mystère dans bien des cas.

Docteur, la douleur est-elle utile ?

L’utilité d’une douleur peut surprendre et pourtant il apparaît rapidement évident que la douleur « sert » à quelque chose dans l’aigu, pour les douleurs chroniques celles-ci sont avant tout dégradantes pour la condition humaine et méritent d’être combattues mais dans certains cas elles peuvent également remplir une fonction.

Pour la douleur aigue, la fonction est claire, il s’agit d’un signe d’alerte pour l’organisme, lui permettant de mettre en œuvre divers mécanismes de défense. L’absence congénitale ou acquise (par exemple neuropathie diabétique) de perception de la douleur conduit à l’apparition de lésions anatomiques (brûlures, mal perforant plantaire…). D’une durée maximale de 3 mois, la douleur aigue disparait une fois la cause traitée et la lésion cicatrisée.

Comme le savent aujourd’hui tous les algologues (spécialistes de la douleur) et la plupart des médecins, la douleur chronique ne peut pas être réduite à une douleur aiguë qui persiste.

Ayant perdu sa fonction de symptôme d’alarme d’une lésion ou d’un dysfonctionnement somatique, la douleur chronique dissociée de la lésion initiale est devenue un syndrome, une véritable “maladie en soi”, où les dimensions émotionnelles et de renforcement psychosocial prennent une large place, quand elles n’ont pas envahi toute la place…

La douleur chronique rebelle peut même dans certains cas avoir une fonction, représenter un repère, un fondement voire une identité, autrement dit avoir un sens “économique” pour la psyché. Elle peut représenter une protection pour celle-ci ou avoir une fonction identitaire.

Le médecin doit prendre en charge son patient dans sa globalité, les médicaments ne suffisent plus, il faut changer l’état d’esprit et le comportement du patient vis-à-vis de ses douleurs, apprendre à les gérer et contrôler.

Les facteurs aggravants doivent être identifiés et pris en compte qu’ils soient familiaux, sociaux, culturels dans le cadre du « modèle biopsychosocial ».
Le patient devient acteur de sa santé, c’est la «coping strategy » des anglo-saxons (faire face).

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